La coopération décentralisée entre le Bénin et le Nigeria pourrait franchir un nouveau cap. La ville de Bohicon et Abeokuta, capitale de l’État d’Ogun au Nigeria, envisagent en effet de nouer un jumelage destiné à renforcer leurs relations économiques, commerciales et culturelles. La perspective a été évoquée mercredi 19 août 2026, à l’occasion d’une rencontre entre le maire de Bohicon, Ferdinand Bokossa, et l’ambassadrice du Nigeria près le Bénin, Mapolola Adéola Ibrahim.
Originaire d’Abeokuta, la diplomate a été reçue à l’hôtel de ville de Bohicon dans le cadre d’une démarche visant à rapprocher davantage les deux collectivités. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs à fort potentiel, notamment le commerce, les investissements, la mobilité, la sécurité, la culture, l’éducation et le développement local.
Un axe commercial aux retombées économiques prometteuses
Au-delà de la dimension diplomatique et institutionnelle, le projet de jumelage présente un intérêt économique majeur pour Bohicon. Carrefour commercial stratégique du centre du Bénin, la ville dispose d’une position géographique favorable pour tirer profit d’un rapprochement structuré avec Abeokuta, elle-même importante cité économique du sud-ouest nigérian.
La mise en place d’un cadre permanent de coopération pourrait faciliter les relations entre opérateurs économiques des deux villes. Des rencontres d’affaires, des foires commerciales, des missions économiques et des actions communes de promotion pourraient permettre aux commerçants et entrepreneurs de mieux connaître leurs marchés respectifs et de nouer de nouveaux partenariats.
Pour Bohicon, l’enjeu est également de renforcer son attractivité auprès des investisseurs et de consolider son rôle de plateforme de redistribution des marchandises vers plusieurs localités du Bénin. Une coopération plus étroite avec Abeokuta pourrait ainsi contribuer à élargir les débouchés des entreprises locales et à stimuler les activités liées au transport, au commerce, à la logistique et aux services.
Faciliter les échanges et sécuriser la mobilité
Le futur partenariat pourrait également apporter des réponses concrètes aux difficultés qui accompagnent la circulation des personnes et des marchandises entre le Bénin et le Nigeria.
Un dialogue régulier entre les autorités locales des deux villes pourrait favoriser le partage d’informations, la sensibilisation des commerçants et voyageurs ainsi qu’une meilleure compréhension des règles relatives à la mobilité et au séjour.
La sécurité figure également parmi les domaines susceptibles de bénéficier de cette coopération. Une meilleure coordination entre les acteurs locaux pourrait contribuer à prévenir certaines difficultés auxquelles sont confrontés les commerçants, transporteurs et voyageurs évoluant dans l’espace bénino-nigérian.
Un pont vers les investissements et le tourisme
Le jumelage ne devrait toutefois pas se limiter au commerce. Bohicon et Abeokuta pourraient également unir leurs efforts pour promouvoir leurs potentialités économiques, touristiques et culturelles.
La valorisation des patrimoines, l’organisation d’événements culturels communs et la promotion des deux villes auprès des visiteurs pourraient favoriser le développement du tourisme et des industries culturelles. Dans le même temps, les échanges entre administrations locales pourraient permettre aux deux collectivités de partager leurs expériences en matière de gestion urbaine, d’aménagement, de développement économique et de services publics.
L’éducation et la formation pourraient également constituer un autre levier. Des partenariats entre établissements, associations de jeunes et acteurs de la formation pourraient ouvrir de nouvelles possibilités d’échanges de compétences et d’expériences.
Les recommandations du séminaire de Bohicon bientôt sur la table
L’ambassadrice Mapolola Adéola Ibrahim a, selon La Nation, insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les communautés béninoise et nigériane à travers des initiatives développées au niveau local.
Le maire Ferdinand Bokossa s’est, pour sa part, réjoui de la démarche et a salué la mobilisation de la communauté nigériane de Bohicon lors du récent Séminaire des forces vives de la commune.
Une prochaine rencontre devrait permettre au maire de présenter à la diplomate les principales recommandations issues de ce séminaire et d’identifier les secteurs dans lesquels des partenariats concrets avec Abeokuta pourraient être engagés.
De la proximité géographique à une véritable alliance économique
Entre Bohicon et Abeokuta, les bases d’une coopération renforcée semblent donc réunies. La proximité entre le Bénin et le Nigeria, l’intensité des échanges humains et commerciaux et les complémentarités économiques entre les deux territoires constituent autant d’atouts pour donner du contenu à ce projet.
Si les discussions débouchent sur un accord formel de jumelage, celui-ci pourrait devenir un véritable instrument de développement local : accroissement des échanges commerciaux, ouverture de nouveaux marchés aux entreprises, attraction d’investissements, promotion touristique, partage d’expertise et amélioration de la mobilité.
L’enjeu sera désormais de transformer les intentions en mécanismes concrets et durables. Car derrière le projet de jumelage entre Bohicon et Abeokuta se dessine surtout une ambition : faire de la coopération entre les deux villes un levier de croissance, d’opportunités économiques et d’intégration des communautés béninoise et nigériane.
Zacharie GANGBO
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