Deux jours de retrouvailles, de réflexion, de célébration religieuse et de compétition sportive ont marqué la 24e édition d’Ayizoxwé. Réunis à Golo-Djigbé, dans la commune d’Abomey-Calavi, les fils et filles de l’aire culturelle Ayizo, venus du Bénin et de la diaspora, ont célébré leurs racines sous le signe de l’unité et de la transmission. Une édition placée sous le leadership de l’ancien chef d’arrondissement de Golo-Djigbé, Thomas Ouinsou, président de l’association Ayizohwendo.
Des retrouvailles autour de l’histoire et de l’identité Ayizo
Du vendredi 14 au samedi 15 août 2026, l’arrondissement de Golo-Djigbé a vibré au rythme de la 24e édition d’Ayizoxwé. Durant ces deux journées, activités scientifiques, culturelles, religieuses et sportives ont réuni les membres de la communauté Ayizo autour d’un même idéal : préserver et valoriser leur patrimoine culturel.
L’édition 2026 a accordé une place importante à la connaissance de l’histoire. Une communication suivie de riches échanges a été consacrée au thème : « Les Ayizonou et la dispersion des groupes ethniques du Bénin méridional du XVIe au XVIIIe siècle ».
Cette rencontre scientifique a permis aux participants d’approfondir leur compréhension des origines de leur identité et des mouvements historiques ayant contribué à la dispersion des populations du Bénin méridional.
Une messe d’action de grâce pour sceller l’unité
Le samedi 15 août, jour de la solennité de l’Assomption, les festivités se sont poursuivies avec une messe d’action de grâce célébrée par le père Côme Gbaguidi sur le site de l’association Ayizohwendo.
La célébration a rassemblé des personnalités et des membres de la communauté Ayizo issus de différents horizons politiques et sociaux. Dans son homélie, le célébrant a surtout insisté sur la nécessité, pour les fils et filles Ayizo, de dépasser les clivages et de se mettre véritablement ensemble pour le développement de leur communauté.
Le père Côme Gbaguidi a notamment rappelé que l’organisation collective constitue une force dans le dialogue avec les pouvoirs publics. « L’État ne reconnaît pas les individus isolément, mais il reconnaît les associations et les personnes qui se regroupent pour porter ensemble leurs revendications », a-t-il souligné, invitant les Ayizo à s’organiser davantage pour faire entendre leur voix.
Le prêtre a également salué le choix du jour de l’Assomption pour cette célébration. Pour lui, la Vierge Marie, dont la montée au ciel est célébrée par les chrétiens catholiques en cette date, constitue également une figure symbolique de rassemblement.
Une mobilisation financière au service de l’association
La messe a également été marquée par une action de grâce qui a permis une mobilisation financière en faveur de l’association Ayizohwendo.
Au terme de cette mobilisation, Patrice Dangbèmè, membre du comité d’organisation, a exprimé sa gratitude à tous ceux qui ont contribué à cette opération. Il a également présenté les principaux acquis de l’organisation ayant conduit à la tenue de cette 24e édition.
Thomas Ouinsou appelle à transmettre le flambeau à la jeunesse
Président de l’association Ayizohwendo depuis sa création, l’ancien chef d’arrondissement de Golo-Djigbé, Thomas Ouinsou, a réaffirmé son attachement à la sauvegarde de l’identité culturelle Ayizo.
Après avoir remercié les participants, il a invité chaque fils et fille Ayizo à être fier de son appartenance à cette aire culturelle. À ses yeux, la culture constitue un héritage durable, celui qui demeure lorsque tout le reste peut disparaître.
Après 24 années à la tête de l’association, Thomas Ouinsou entend désormais relever un nouveau défi : préparer la relève et transmettre le flambeau à la jeunesse afin d’assurer la pérennité de l’œuvre engagée depuis deux décennies.
Il souhaite notamment voir Ayizoxwé s’inscrire durablement dans le paysage des grandes fêtes identitaires du Bénin, à l’image de Nonvitcha, Gaani, Wémèxwé et Mahihwendo.
Pour y parvenir, il préconise une plus grande concertation entre les différentes initiatives identitaires de l’aire culturelle Ayizo, notamment Torixwé, Toffinxwé, Avaxwé, Zèxwé et Ayizoxwé. L’objectif, selon lui, est de parvenir à parler d’une seule voix et de faire de la culture un véritable levier de cohésion et de développement.
Valentin Aditi-Houndé dénonce les divisions politiciennes
Présent à cette célébration, l’honorable Valentin Aditi-Houndé s’est dit heureux de participer à ce rendez-vous culturel. Il a salué les efforts consentis chaque année par Thomas Ouinsou et son équipe pour assurer la continuité de l’événement.
Dans son intervention, il a cependant mis en garde contre les divisions qui peuvent fragiliser une communauté. Selon lui, la politique peut parfois devenir un facteur de séparation lorsque les ambitions personnelles prennent le dessus sur l’intérêt collectif.
Son intervention a rejoint l’appel lancé par le père Côme Gbaguidi en faveur d’une communauté Ayizo davantage unie et organisée.
L’administration préfectorale promet son accompagnement
Le représentant du préfet de l’Atlantique a, pour sa part, félicité les organisateurs pour la réussite de cette 24e édition.
Il a transmis au président d’Ayizohwendo et au comité d’organisation la disponibilité du préfet de l’Atlantique à accompagner institutionnellement l’initiative. L’ambition affichée est de contribuer à faire davantage connaître Ayizoxwé et à favoriser sa reconnaissance parmi les grandes fêtes identitaires célébrées au niveau national.
Agongbé FC s’offre le trophée au bout des tirs au but
La fête a connu son épilogue sur le terrain de football avec la finale du tournoi opposant FC Agongbé, de l’arrondissement de Golo-Djigbé, à Houézè, de l’arrondissement de Tangbo-Djèviè, dans la commune de Zè.
Au terme des 70 minutes réglementaires, les deux formations se sont quittées sur un score de parité, 1-1. Il a donc fallu recourir à la séance des tirs au but pour départager les finalistes.
À cet exercice, Agongbé FC s’est montré plus efficace et s’est imposé 5 tirs à 4, décrochant ainsi le trophée de cette 24e édition.
Une édition portée par la volonté de préserver l’héritage
Au-delà des festivités, Ayizoxwé 2026 aura surtout été un rendez-vous de mémoire, de transmission et de rassemblement. De la réflexion scientifique à la célébration religieuse, en passant par les activités culturelles et sportives, les organisateurs ont voulu rappeler que la sauvegarde d’une identité passe avant tout par la capacité de ses dépositaires à se retrouver et à regarder dans la même direction.
La 24e édition d’Ayizoxwé a été rendue possible grâce au soutien de la GDIZ.
Zacharie GANGBO
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