La première mandature du Sénat béninois accueille plusieurs figures historiques de la République dans le cadre d’un régime transitoire. Parmi elles, Nicéphore Dieudonné Soglo, Élisabeth Pognon, Antoine Idji-Kolawolé et Robert Dossou bénéficient d’une situation particulière liée à leur âge, qui leur permet d’exercer leur mandat malgré la limite d’âge fixée à 85 ans.
Le Sénat béninois est désormais installé et entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Après l’adoption de son règlement intérieur et la mise en place de son bureau, la haute chambre entame une nouvelle page de l’histoire institutionnelle du pays.
Cette première mandature présente toutefois une particularité majeure. Plusieurs personnalités appelées à siéger au Sénat ne pourront pas, en raison de leur âge, prolonger leur présence au-delà de cette première expérience. Leur participation repose sur les dispositions transitoires prévues pour l’installation de la nouvelle institution.
Une dérogation exceptionnelle pour la première mandature
Le règlement intérieur du Sénat fixe à 85 ans l’âge au-delà duquel la qualité de sénateur prend fin de plein droit. Cette règle constitue une limite claire à l’exercice du mandat au sein de la haute chambre.
Cependant, pour permettre au Sénat de démarrer avec l’expérience de personnalités ayant joué un rôle majeur dans la vie publique nationale, un régime transitoire a été prévu pour la première mandature.
Cette disposition permet à certaines personnalités de siéger pendant les cinq années du mandat inaugural, même si elles ont déjà atteint, ou doivent atteindre au cours de cette période, la limite d’âge réglementaire.
Soglo, Pognon et Dossou : déjà au-delà de 85 ans
Trois personnalités illustrent particulièrement cette situation exceptionnelle.
Nicéphore Dieudonné Soglo, ancien président de la République, âgé de 91 ans, figure parmi les sénateurs qui ont déjà dépassé le plafond de 85 ans. Sa présence au Sénat n’aurait donc pas été possible dans le cadre du régime ordinaire. Elle est rendue possible par les dispositions transitoires propres à cette première mandature.
Il en est de même pour Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, âgée de 89 ans, ainsi que pour Robert Dossou, lui aussi ancien président de la Cour constitutionnelle, âgé de 87 ans.
Ces trois personnalités exercent ainsi leur mandat dans un cadre exceptionnel. Leur présence au Sénat est liée au caractère inaugural de cette première mandature et ne saurait être assimilée à une possibilité permanente de contourner la limite d’âge.
Idji-Kolawolé, encore sous le seuil mais directement concerné
La situation d’Antoine Idji-Kolawolé, ancien président de l’Assemblée nationale, est quelque peu différente. Âgé de 80 ans, il n’a pas encore atteint le plafond de 85 ans au moment de son entrée au Sénat.
Toutefois, compte tenu de la durée de la mandature, il atteindra la limite d’âge au cours de cette période. Il est donc directement concerné par le dispositif qui encadre la présence des sénateurs âgés et ne devrait pas pouvoir prétendre à un renouvellement au-delà du mandat inaugural.
Adrien Houngbédji, autre ancien président de l’Assemblée nationale, âgé de 84 ans, se trouve dans une situation similaire. Son âge le place lui aussi parmi les personnalités dont la présence au Sénat est appelée à rester limitée à cette première mandature.
Une exception destinée à préserver la mémoire institutionnelle
Au-delà de la question de l’âge, cette disposition transitoire traduit la volonté de faire du premier Sénat un espace où l’expérience des anciens dirigeants peut accompagner la naissance de la nouvelle institution.
Soglo, Pognon, Dossou, Idji-Kolawolé et Houngbédji incarnent plusieurs décennies de la vie politique et institutionnelle du Bénin. Leur présence offre à la jeune chambre haute une expérience accumulée au sommet de l’État, du Parlement et des institutions juridictionnelles.
Mais cette exception est appelée à rester circonscrite dans le temps. Pour ces personnalités, la première mandature du Sénat pourrait donc être la seule. À l’issue des cinq années, la limite d’âge constituera un obstacle au renouvellement de leur mandat.
Le Sénat béninois se trouve ainsi face à un subtil équilibre entre transmission de l’expérience des anciens et renouvellement générationnel. Une singularité qui marque déjà l’histoire de cette première mandature.
Zacharie GANGBO
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