La désignation du chef de village de Koundokpoé Centre, dans l’arrondissement de Koundokpoé, commune de Zè, suscite des interrogations au sein de certains militants. Face aux contestations évoquant notamment le choix de Bernard Adjagbè et mettant en cause son engagement sur le terrain ainsi que sa résidence dans le village, l’honorable Alfred Zinsou, député et coordonnateur communal du parti Bloc Républicain (BR) à Zè, apporte des clarifications. Dans une interview accordée au journal La Flamme du Golfe, il détaille les différentes étapes du processus de sélection, rappelle que la décision finale relève de la direction du parti et insiste sur la nécessité de privilégier l’engagement, le travail de terrain et le respect de la procédure. Il invite par ailleurs les militants à davantage de responsabilité et à préserver la cohésion du parti dans la commune de Zè.

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L'intégralité de son interview accordée à la rédaction  

Question : Monsieur le député, pouvez-vous nous expliquer le processus de sélection des candidats aux fonctions de chef de village ?

Alfred Zinsou, député :

Le processus repose sur trois niveaux : l’arrondissement, la commune et le niveau national.

À la base, au niveau de la cellule, toutes les personnes qui souhaitent devenir chefs de village manifestent leur intérêt. Les candidatures sont ensuite transmises à l’arrondissement, qui procède à une présélection et donne un avis sur les différents profils avant de transmettre les dossiers à la commune.

Au niveau communal, une pré-validation est effectuée. Les propositions, accompagnées des procès-verbaux, sont ensuite transmises au niveau national pour la décision finale.

Il faut préciser que la base ne procède pas directement à la désignation d’un candidat. Elle formule des propositions et donne son appréciation. Au niveau national, le président du parti conserve la compétence de la désignation finale et peut, s’il le juge nécessaire, ne pas retenir les propositions issues de la base.

Question : Parmi les critères de sélection figure notamment la résidence dans l’arrondissement ou dans le village concerné. Comment appréciez-vous ce critère pour un village comme Koundokpoé Centre ?

Alfred Zinsou, député :

La question de la résidence est importante. Il est logique de privilégier une personne qui connaît réellement les réalités du milieu qu’elle est appelée à administrer. Pour Koundokpoé Centre, par exemple, celui qui y vit ou qui y est régulièrement présent est naturellement mieux placé pour comprendre les préoccupations de la population.

Mais la résidence ne doit pas être considérée comme le seul critère. Une personne peut ne pas résider directement à Koundokpoé Centre et avoir pourtant énormément travaillé pour le village. Elle peut avoir été coordinatrice, responsable ou acteur de terrain et avoir véritablement « mouillé le maillot ».

Dans ce cas, il faut également tenir compte de son engagement, de son travail et de son implication concrète dans la vie du village.

Par ailleurs, la notion de résidence peut parfois être difficile à apprécier avec précision, notamment en raison des limites territoriales ou des problèmes de délimitation entre certains villages. Certaines personnes ont également leur famille et leurs principales attaches dans un village tout en résidant ailleurs pour des raisons professionnelles.

Question : Le processus de présélection peut-il être remis en cause à un moment donné ?

Alfred Zinsou, député :

Non. Le parti étant organisé et structuré, chaque étape doit être respectée. Les acteurs de la base, de l’arrondissement et de la commune donnent librement leur avis en fonction de leur connaissance du terrain.

Une fois qu’une étape est franchie et que les propositions sont transmises au niveau supérieur, le processus se poursuit conformément aux règles établies. Au final, le parti analyse l’ensemble des propositions et le président prend la décision définitive.

Ce qui doit surtout être pris en compte, c’est l’engagement réel des candidats. Certains se sont fortement investis sur le terrain, alors que d’autres l’ont été moins. Cette implication doit nécessairement entrer dans l’évaluation finale.

Question : Prenons un cas concret : si 23 personnes se portent candidates et que seulement trois profils sont retenus à l’issue de la présélection, les 20 autres peuvent-elles contester le choix final ?

Alfred Zinsou, député :

Non. Dès lors que le processus de sélection est arrivé à son terme et que les propositions ont été faites conformément aux règles, les candidatures qui n’ont pas été retenues ne peuvent plus faire l’objet d’une contestation à ce stade.

Au départ, les 23 personnes ont librement exprimé leur volonté de participer. Ensuite, le travail de sélection est effectué. Au niveau de l’arrondissement, il ne s’agit pas nécessairement d’organiser un vote pour départager les candidats, mais plutôt de rechercher un consensus permettant de retenir les profils jugés les plus appropriés.

Si trois profils sont retenus et que la commune valide ensuite les propositions, celles-ci sont consignées dans des procès-verbaux avant d’être transmises au niveau national.

Il n’est donc pas possible, après cette étape, qu’un candidat écarté revienne exiger qu’il soit nécessairement retenu. Le processus ne fonctionne pas ainsi.

Question : Le président du parti peut-il finalement choisir une personne qui ne figure pas parmi les propositions de la base ?

Alfred Zinsou, député :

Oui. La décision finale relève du président du parti. Après analyse des différentes propositions et des réalités du terrain, il peut décider de retenir l’un des profils proposés ou, s’il l’estime nécessaire, de désigner une autre personne.

L’essentiel est que le processus soit respecté à chaque niveau et que la décision finale tienne compte de l’intérêt du parti et des réalités locales. Je vous remercie.

Réalisation : Zacharie GANGBO