À Zè, l’heure est désormais à l’apaisement et au rassemblement. Au lendemain des échéances électorales, les différents acteurs de la commune se sont retrouvés, mardi 11 août 2026, autour d’un impératif : tourner la page des divisions politiques et œuvrer collectivement à la consolidation de la paix et au développement local.
À l’initiative de Nicole DEMAGNON, membre de l’organisation Femmes Actrices de Paix et de Promotion du Leadership (FAPL), avec l’appui de plusieurs organisations partenaires, un atelier de sensibilisation consacré à la paix, au pardon et à la cohésion sociale a réuni, dans la salle de conférence de la mairie de Zè, élus locaux, acteurs politiques, jeunes, femmes, sages et leaders religieux.
Placée sous le thème « Élections passées, avenir partagé, méditons le pardon pour construire ensemble », la rencontre a enregistré la présence du maire de Zè, Armando Paolo GBANDE, des chefs d’arrondissement et de plusieurs composantes de la société civile et communautaire.
Dépasser les clivages issus des échéances électorales
L’objectif affiché par les initiateurs est clair : créer les conditions d’un dialogue durable entre les différentes composantes de la commune et prévenir les tensions susceptibles de naître des périodes électorales. Au-delà du simple appel à la paix, les participants ont été invités à réfléchir à des mécanismes concrets permettant de restaurer la confiance, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir une participation citoyenne responsable.
Après le mot d’ouverture de Nicole DEMAGNON, les mots de bienvenue, les bénédictions des sages, l’intervention du représentant des chefs d’arrondissement et le discours d’ouverture officielle du maire Armando Paolo GBANDE, les participants ont été répartis en groupes de travail. Les sages et leaders religieux ont réfléchi aux mécanismes traditionnels et spirituels susceptibles de favoriser le pardon et l’apaisement des relations entre responsables politiques et militants.
Les chefs d’arrondissement et responsables communaux se sont penchés sur les conditions d’une gouvernance locale inclusive, avec pour objectif de garantir que les services publics et les actions de développement profitent à tous, sans considération d’appartenance politique.
Quant aux jeunes et aux femmes, ils ont travaillé sur des initiatives destinées à renforcer le vivre-ensemble, notamment à travers des activités culturelles et sportives capables de rapprocher les différentes composantes de la population.
Des engagements concrets pour préserver la paix
Les réflexions ont débouché sur plusieurs engagements. Les chefs d’arrondissement et élus locaux ont annoncé leur volonté d’intensifier les actions de sensibilisation et de promouvoir une gouvernance locale neutre, inclusive et ouverte à tous les citoyens. Chez les jeunes, l’accent sera mis sur l’éducation civique, la compréhension des valeurs démocratiques, la tolérance, le dialogue et la culture du pardon. Les femmes envisagent, pour leur part, l’organisation de matchs amicaux et de concerts destinés à la jeunesse, afin de créer des espaces de rencontre et de rapprochement entre les populations. Les sages et leaders religieux ont également réaffirmé leur disponibilité à porter, dans leurs communautés respectives, des messages de paix, d’amour, de tolérance et de solidarité.
Un comité de 19 membres pour assurer la veille
Pour donner une portée concrète aux engagements pris, un comité communal de veille et de suivi de 19 membres a été mis en place.
Il regroupe notamment les 11 chefs d’arrondissement, Sa Majesté Anigla Djomamousso, Aladji Bello C. Karim, quatre femmes — Nicole DEMAGNON, GUEDOU Chimène, HOUNDEGNI Juliette et ANATO Félicienne — ainsi que le maire Armando Paolo GBANDE et le coordonnateur FCBE, AVOCE Janvier.
Le maire Armando Paolo GBANDE assure d’office la présidence de ce comité chargé de veiller au suivi des engagements et de contribuer à la prévention et à la médiation des éventuelles tensions au sein de la commune. La démarche devrait connaître une nouvelle étape avec la signature prochaine du Pacte communal de paix et de réconciliation, dont la date sera communiquée ultérieurement.
La paix comme condition du développement
Plusieurs personnalités et organisations ont également pris part aux travaux, dont Derick TOSSOU, représentant de l’ONG Women Hope. L’initiative bénéficie par ailleurs du soutien de plusieurs partenaires engagés dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du développement, notamment Women Hope, l’Agence française de développement (AFD), CARE France, UFeC2ABCD et AWLN.
À travers cette démarche, les acteurs de Zè veulent inscrire la réconciliation post-électorale dans la durée. Pour les initiateurs, le véritable défi commence précisément après les élections : transformer les divergences politiques en une dynamique de dialogue et faire de la cohésion sociale un levier du développement local.
Un message résume l'esprit de la rencontre : « La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement. » À Zè, le pari est désormais de faire du pardon non pas un simple discours de circonstance, mais un véritable instrument de reconstruction du tissu social et de développement de la commune.
Zacharie GANGBO
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