Un destin judiciaire hors du commun vient de connaître un tournant inattendu. Condamné à 2 400 mois de prison ferme, soit 200 ans d'emprisonnement, Olivier Donouvossi a quitté la prison civile d'Akpro-Misserété après près de 28 années passées derrière les barreaux, grâce à la mesure de clémence accordée par le président de la République, Romuald Wadagni.

Son nom figure parmi les 369 détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle prévue par le décret signé le 31 juillet 2026. Cette décision met fin à une détention qui, sans cette mesure exceptionnelle, devait théoriquement se poursuivre jusqu'au 19 juin 2198.

D'après les informations rapportées par Bénin News, Olivier Donouvossi avait été écroué le 19 juin 1998 après sa condamnation pour complicité de vol à main armée. La justice lui avait infligé une peine de 2 400 mois d'emprisonnement, l'une des plus lourdes connues dans le pays.

Après 337 mois de détention, soit environ 28 ans et un mois, il retrouve aujourd'hui la liberté à la faveur de la grâce présidentielle.

Le droit de grâce en action

La libération d'Olivier Donouvossi illustre la portée concrète du droit de grâce reconnu au chef de l'État. Sans remettre en cause la condamnation prononcée par la justice, cette prérogative présidentielle permet, dans certains cas, de réduire ou d'effacer le reliquat d'une peine d'emprisonnement.

Au-delà de son aspect juridique, cette décision revêt une forte dimension humaine. Pour cet ancien détenu, dont l'horizon carcéral s'étendait théoriquement sur deux siècles, la grâce présidentielle ouvre une nouvelle page de vie après près de trois décennies passées en milieu pénitentiaire.

Son cas demeure l'un des plus marquants parmi les 369 bénéficiaires de cette mesure de clémence, tant par la durée exceptionnelle de la peine prononcée que par le symbole qu'incarne aujourd'hui son retour à la liberté.

 

Zacharie GANGBO