La lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité est plus que jamais au cœur des préoccupations des autorités béninoises. Dans une déclaration officielle rendue publique le lundi 27 juillet 2026, le Directeur général de la Police républicaine, l'Inspecteur général de police Brice K. Allowanou, a affiché une position de fermeté face aux comportements déviants de certains agents. À travers un message sans équivoque, il a réaffirmé la politique de tolérance zéro à l'égard de toutes les formes de corruption, de rançonnement et d'abus de pouvoir sur les axes routiers.

Cette sortie du premier responsable de la Police républicaine intervient dans un contexte où le gouvernement béninois a engagé d'importants investissements pour moderniser les dispositifs de contrôle routier et améliorer la sécurité des usagers. Ces dernières années, les barrages routiers jugés anarchiques ont progressivement été supprimés au profit des patrouilles de corridor, tandis que le projet SECUROUTE a été renforcé avec l'acquisition de radars modernes, de caméras-piétons et de divers équipements technologiques destinés à professionnaliser les interventions policières.

Malgré ces efforts, les mauvaises pratiques persistent sur certains axes. Des témoignages récurrents font état de perceptions illégales d'argent, de négociations informelles entre usagers et agents de contrôle, ainsi que de comportements susceptibles de ternir l'image de l'institution policière. Une situation que le Directeur général de la Police républicaine reconnaît lui-même comme préoccupante et incompatible avec les exigences d'une police moderne, professionnelle et respectueuse des principes de bonne gouvernance.

Cette prise de position traduit une volonté manifeste de restaurer la confiance entre les forces de sécurité et les citoyens. Toutefois, une question demeure : les sanctions disciplinaires et les rappels à l'ordre suffiront-ils à éradiquer durablement ces pratiques, ou faudra-t-il aller plus loin en repensant entièrement le système de contrôle routier ?

À quelques centaines de kilomètres du Bénin, le Burkina Faso semble avoir choisi une approche différente. Les autorités burkinabè ont annoncé le déploiement, à compter du 5 août 2026, d'un système de surveillance routière largement automatisé reposant sur des caméras intelligentes installées sur les principaux axes de circulation.

Selon les informations communiquées par les autorités burkinabè, ces dispositifs technologiques sont capables de détecter automatiquement plusieurs infractions au Code de la route, notamment les excès de vitesse, le non-port de la ceinture de sécurité, le franchissement des feux rouges ou encore d'autres violations de la réglementation routière. L'identification des contrevenants s'effectue sans intervention humaine, grâce à des outils capables d'enregistrer les plaques d'immatriculation et de traiter les données en temps réel.

Dès qu'une infraction est constatée, un avis est transmis directement au propriétaire du véhicule via son téléphone portable. Le message précise la nature de l'infraction, le lieu exact où elle a été commise, l'heure de l'incident ainsi que le montant de l'amende à régler. En cas de non-paiement dans les délais prévus, des pénalités peuvent être appliquées et le contrevenant risque d'être interpellé lors d'un contrôle routier ou à l'occasion d'une visite technique de son véhicule.

Ce système présente un avantage majeur : il réduit considérablement les contacts directs entre les usagers et les agents chargés du contrôle. En limitant les interventions physiques sur les routes, il réduit également les possibilités de négociation illicite, de corruption ou de rançonnement, tout en garantissant une application plus objective et plus transparente de la loi.

Pour le Bénin, où la digitalisation de l'administration publique constitue déjà une priorité gouvernementale, une telle innovation pourrait représenter une nouvelle étape dans la modernisation de la sécurité routière. Elle permettrait non seulement d'améliorer le recouvrement des amendes, mais aussi de renforcer la crédibilité de la Police républicaine en supprimant une partie des occasions favorisant les pratiques frauduleuses.

L'avertissement lancé par le Directeur général Brice K. Allowanou marque incontestablement une volonté politique forte de mettre fin aux comportements qui discréditent l'institution. Reste désormais à savoir si cette volonté sera accompagnée de réformes structurelles et d'une utilisation plus poussée des technologies de contrôle automatisé.

 

L'expérience annoncée par le Burkina Faso pourrait, à terme, alimenter la réflexion au Bénin sur les moyens les plus efficaces de lutter durablement contre la corruption routière, tout en améliorant la sécurité des usagers et la qualité du service public de la police.

 

Zacharie GANGBO