En prélude aux prochaines élections professionnelles au Bénin, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB), première centrale syndicale représentative du pays, renforce son implantation à la base. À travers une série d'assemblées générales organisées dans plusieurs communes, son secrétaire général, Kassa Mampo, et son équipe procèdent à l'installation des Unions syndicales communales (USC) afin de consolider la présence de la centrale sur l'ensemble du territoire.

C'est dans cette dynamique que la CSTB a installé, le mercredi 15 juillet 2026, l'Union syndicale communale de Zè, dans le département de l'Atlantique. Des militants issus des différents syndicats affiliés à la confédération ont pris part à cette assemblée générale, marquée par des échanges sur les préoccupations des travailleurs salariés et non salariés de la commune. Les participants ont passé en revue les difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs des secteurs de l'éducation, de la santé, des collectivités locales et d'autres domaines d'activité.

 À l'issue des discussions, une plateforme revendicative a été élaborée en vue d'être soumise aux autorités compétentes. « Beaucoup de préoccupations ont été soulevées. Une plateforme revendicative a été élaborée et nous allons la présenter aux différentes autorités afin d'obtenir des réponses satisfaisantes », a déclaré le secrétaire général de la CSTB. L'assemblée a également procédé à l'installation d'un bureau communal de cinq membres, présidé par l'instituteur Virgile Atchigan. Cette équipe aura pour mission de défendre les intérêts des travailleurs de la commune, de renforcer la coordination entre les syndicats affiliés à la CSTB et de mettre en place les Unions syndicales d'arrondissement (USA) dans les onze arrondissements de Zè.

Profitant de cette rencontre, Kassa Mampo est revenu sur plusieurs sujets d'actualité relatifs à la gouvernance sociale. Il a salué certaines mesures prises par le gouvernement, notamment l'apurement des avancements des agents de l'État ainsi que le passage du grade B1-11 au grade B1-12, des revendications de longue date portées par la CSTB. En revanche, le responsable syndical a vivement critiqué la nouvelle configuration du Conseil économique et social (CES). Selon lui, cette institution accorde une place excessive aux acteurs politiques au détriment des représentants des corps de métiers. « Sur un effectif de 117 membres, il n'y en a que 41 qui proviennent des corps de métiers. On ne peut comprendre que des politiques viennent occuper une institution qui doit conseiller les gouvernants et les autres institutions », a-t-il déploré. Le secrétaire général de la CSTB a également dénoncé la disparition du ministère de la Fonction publique dans la nouvelle architecture gouvernementale. À ses yeux, les questions relatives à la carrière des agents de l'État méritent un ministère spécifique et ne devraient pas être rattachées au ministère des Finances. Enfin, Kassa Mampo a critiqué la nomination des ministres conseillers, estimant qu'elle constitue une charge supplémentaire pour les finances publiques. Selon lui, la présence de conseillers techniques au sein des ministères et de la présidence rend cette nouvelle fonction difficilement justifiable.  

 Zacharie GANGBO