Invité de ce mercredi 10 juin sur Crystal News, l'ancien secrétaire général de la CGT Pascal Todjinou s'est exprimé sur les premières actions du nouveau Président Romuald Wadagni. 

Dans un entretien accordé au journaliste Samuel Houndjo, l’ancien responsable syndical a salué les premières décisions sociales du chef de l’État, tout en prenant ses distances avec les centrales syndicales qui avaient appelé à voter en faveur de ce dernier. En décryptant l'actualité des premiers jours du gouvernement, l'ancien secrétaire général de la CGTB félicite le président Romuald Wadagni pour ces décisions sur le plan social. Pour Pascal Todjinou, le président Romuald Wadagni joint l'acte à la parole donnée au cours de sa campagne électorale. Il dit avoir soutenir Romuald Wadagni pendant les élections présidentielles. Un soutien qu'il affirme assumer en tant Pascal. 

Toujours au micro de Samuel Houndjo, le syndicaliste à la retraite Pascal Todjinou désapprouve l'attitude des secrétaires généraux des centrales syndicales qui appellent les militants à voter pour le candidat Wadagni.

 

A ce niveau, Pascal Todjinou se montre plus critique sur la position de certains responsables des centrales syndicales qui ont appelé à voter pour Romuald Wadagni. Il estime qu’une organisation syndicale ne devrait pas donner de mot d’ordre en faveur d’un candidat à une élection présidentielle. Pour lui, la nuance est essentielle. À titre individuel, un syndicaliste peut avoir une préférence politique et l’exprimer. Mais une organisation syndicale, qui regroupe des travailleurs de sensibilités diverses, doit éviter de s’aligner sur une formation politique, un camp ou un candidat.

« Moi, en tant que syndicaliste, je ne peux jamais appeler mes militants à voter pour un président de la République », a-t-il déclaré en rappelant qu’au sein d’une centrale syndicale, il peut y avoir des militants de la mouvance, de l’opposition, des partis de gauche ou des travailleurs sans appartenance politique.

Pascal Todjinou estime donc que le syndicat doit rester un observateur critique. Son rôle, selon lui, n’est ni d’entrer dans la mouvance ni de rejoindre l’opposition, mais d’apprécier les actions publiques selon leur contenu. A la suite de ce volet critique de la position des responsables syndicaux, Pascal Todjinou les appelle à plus de retenue dans leurs prises de position, surtout lorsqu’il s’agit d’acteurs politiques.

Pour lui, la position ou l'engagement officiel d'une centrale syndicale en politique peut fragiliser son indépendance.

 

Zacharie GANGBO