À peine investi, le président Romuald Wadagni a enchaîné cinq capitales en cinq jours. Du Nigeria au Burkina Faso, en passant par le Niger, le Togo et la Côte d’Ivoire, sa première tournée sous-régionale pose les bases d’une diplomatie béninoise qui veut jouer les médiateurs dans une Afrique de l’Ouest en recomposition.
Démarré le 1er juin 2026 par le Nigeria, Wadagni a été reçu par Bola Ahmed Tinubu. L’entretien a porté sur la coopération économique et la sécurité transfrontalière. Le 2 juin, cap sur Niamey. La visite au Niger est symbolique : aucun chef d’État béninois n’avait foulé le sol nigérien depuis la crise diplomatique de juillet 2023. Wadagni s’est entretenu avec le général Abdourahamane Tiani. Au menu, la réouverture de la frontière fermée depuis des mois et la relance des échanges commerciaux et humains, fortement pénalisés par la fermeture. Direction Ouagadougou dans l’après-midi du 2 juin. Reçu par le capitaine Ibrahim Traoré, le président béninois a placé les discussions sous le signe de la stabilité régionale. Le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel, traversent une période de transition politique et d’insécurité croissante.
Togo et Côte d’Ivoire pour boucler la boucle
Après l’étape sahélienne, Wadagni a poursuivi au Togo puis en Côte d’Ivoire pour le même exercice. Au Togo où il a été reçu par le président du conseil présidentiel, Faure Gnassingbé, Romuald a entretenu son homologue des relations bilatérales en consolidant les liens de fraternité entre le Togo et le Bénin. À Abidjan, il a été accueilli par le Vice-Président Tiémoko Meyliet Koné avant une séance de travail avec Alassane Ouattara le 4 juin. Les échanges ont porté sur l’intégration économique régionale, les échanges commerciaux et les enjeux de paix et de sécurité dans l’espace ouest-africain.
Un message clair : dialogue plutôt que confrontation
Le fil conducteur de la tournée est assumé. Wadagni veut repositionner le Bénin comme un acteur de dialogue entre la Cedeao et les pays de l’Aes. L’enjeu sécuritaire est central. Le nord du Bénin subit l’extension des groupes armés actifs dans le Sahel, et les frontières avec le Niger et le Burkina Faso restent des zones sensibles. En se rendant rapidement chez ses voisins, le nouveau président cherche à privilégier la coopération pour contenir la menace terroriste. Sur le plan économique, la réouverture de la frontière avec le Niger et la fluidification des corridors Lagos-Cotonou-Abidjan sont au cœur des attentes. La fermeture a pesé lourdement sur les échanges et les familles séparées.
Un premier test réussi pour la nouvelle diplomatie béninoise
Dans un message publié à l’issue des étapes au Nigeria, Niger et Burkina Faso, Wadagni a remercié ses homologues et réaffirmé sa conviction : « c’est en conjuguant nos efforts, dans un esprit de confiance, de solidarité et de coopération, que nous relèverons les défis du développement », a-t-il déclaré. Cette offensive diplomatique traduit la volonté de Cotonou de miser sur la concertation et la stabilité régionale, alors que les lignes bougent entre Cedeao et Aes.
Par Pierre SETONDJI (collaboration)
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