La Commission Électorale Nationale Autonome a ouvert lundi 1er 2026, un atelier d’évaluation des élections générales de 2026. Pendant cinq jours, la CENA, les mairies, la préfecture du Borgou, les partis politiques et les organisations de la société civile vont passer au crible l’exécution des chronogrammes et calendriers électoraux. L’objectif annoncé est simple : consolider ce qui a marché, identifier ce qui a coincé, et sortir avec des recommandations applicables aux prochaines consultations. À l’ouverture, Adizatou Arouna, représentante du maire de Parakou, a salué le choix de la ville pour accueillir les débats. Elle a insisté sur la nécessité d’examiner l’expérience de 2026 avec lucidité. Pour elle, la tenue même de l’atelier prouve qu’au Bénin, la démocratie continue d’évoluer par l’auto-évaluation. Même tonalité du côté de la préfecture. Euphraim Lémou, représentant le préfet du Borgou, a souligné que la rencontre doit permettre de passer en revue les activités réalisées, de mesurer les avancées, mais aussi de pointer les lacunes sans contournement.

 

La CENA veut un bilan sans complaisance 

 

Le président de la CENA, Sacca Lafia, a fixé le ton dès la première séance. Il a rappelé que les participants sont réunis pour procéder à une analyse critique des actions menées. Pas de bilan de complaisance, donc. Il a insisté sur la nécessité de tirer des enseignements majeurs pour élever la qualité des processus électoraux. Le président a aussi misé sur l’apport des experts présents, invitant chaque participant à contribuer activement. Chaque intervention, a-t-il dit, doit constituer une pierre supplémentaire à l’édification d’un système électoral plus performant. L’enjeu est concret. Les élections générales de 2026 ont mobilisé tout l’appareil électoral, des listes électorales à l’affichage des résultats. Les retards de déploiement de matériel, la formation des agents de bureau de vote, la gestion des contentieux : tous ces points seront examinés. 

 

Un exercice politique autant que technique 

 

Au-delà de l’aspect technique, l’atelier a une portée politique. Dans un contexte où la confiance dans les institutions reste fragile, montrer que la CENA accepte d’être évaluée publiquement est un signal. Les recommandations qui sortiront de Parakou n’auront de valeur que si elles sont traduites dans le prochain code électoral et dans le budget de la CENA. La pression viendra de la société civile et des partis, qui attendent des engagements précis sur la transparence des opérations et le respect des délais. Pour le Borgou, accueillir l’atelier est aussi un marqueur. Le département a été l’un des plus scrutés lors des élections générales, entre participation et gestion des incidents. Les travaux se poursuivent jusqu’à vendredi. À la clôture, la CENA devra publier un document de synthèse avec les mesures correctives retenues.      

 

Par Pierre SETONDJI