La dette extérieure du Bénin franchit un nouveau cap. Elle s’est établie à 16,9 milliards de dollars à fin 2025, en hausse de 16,5 % sur un an. Cette progression ressort du Rapport sur la dette internationale 2026 de la Banque mondiale, publié le 5 novembre 2026.
La trajectoire est particulièrement marquée sur la dernière décennie. En 2015, l’encours de la dette extérieure béninoise s’élevait à 3,6 milliards de dollars. Dix ans plus tard, il atteint 16,9 milliards, soit une multiplication par près de cinq.
Une dette qui pèse de plus en plus dans l’économie
Selon les données de Bpifrance Assurance Export, la dette extérieure représentait 37,6 % du PIB en 2022, avant de grimper à 40,3 % en 2024. Elle est estimée à 43,5 % du PIB en 2025. Dans le même temps, la dette publique est passée de 41,2 % du PIB en 2019 à 53,4 % en 2024, selon une note d’UMOA-Titres.
Le recours à l’endettement s’est également poursuivi sur les marchés internationaux. Début 2026, le Bénin y a levé 850 millions de dollars, dont 500 millions à travers une émission de sukuk, une opération qui a permis au pays de se présenter comme le premier État africain à réaliser une telle émission à l’échelle internationale.
Dans le détail, les 16,9 milliards de dollars d’endettement extérieur comprennent 12,4 milliards de dollars de dette publique ou garantie par l’État, 2,9 milliards de dette privée non garantie et 1,6 milliard de dette à court terme.
Les créanciers multilatéraux constituent le principal bloc, avec 6,2 milliards de dollars. L’Association internationale de développement (IDA) détient à elle seule 2,8 milliards, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) représente environ 1 milliard de dollars. Les créanciers privés cumulent 5,1 milliards de dollars, contre 1,2 milliard pour les créanciers bilatéraux.
Des engagements financiers qui restent lourds à supporter
L’ampleur de la dette se mesure également au regard des ressources extérieures du pays. Son encours représente 373 % des exportations et 70 % du revenu national brut.
Les conditions de financement varient toutefois fortement selon les catégories de créanciers. Les financements officiels sont contractés à un taux moyen de 1,7 % sur une durée de 23 ans, tandis que les créanciers privés appliquent en moyenne un taux de 7,2 % sur 15 ans.
À l’échelle mondiale, le phénomène est tout aussi préoccupant. La dette extérieure des pays en développement a atteint un niveau record de 9 400 milliards de dollars en 2025, enregistrant, selon la Banque mondiale, sa progression la plus rapide depuis 2021.
Pour le Bénin, ces chiffres illustrent donc l’accélération du recours aux financements extérieurs pour soutenir les investissements et le développement, tout en posant avec davantage d’acuité la question de la soutenabilité de la dette et du coût futur de son remboursement.
0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment.