De 500 000 tonnes en 2024 à plus de 800 000 tonnes pour la campagne 2026-2027, la production de soja au Bénin connaît une progression spectaculaire. En deux ans, elle a augmenté de plus de 60 %. Une performance qui conforte la place du Bénin parmi les principaux producteurs de soja de la sous-région et qui s’explique autant par les conditions de production que par une meilleure organisation de la filière.
Cette performance a été mise en lumière le 4 novembre 2026 à Cotonou, au siège de la Chambre nationale d’agriculture, à l’occasion de la remise des droits d’approvisionnement en soja grain aux entreprises industrielles. Au total, 23 directeurs généraux d’usines de transformation ont reçu les documents nécessaires pour sécuriser leur approvisionnement. Ces droits devront être couplés aux bons de commande pour permettre l’accès au soja grain.
Plus de 450 000 tonnes réservées aux industries locales
La stratégie affichée par les acteurs de la filière est désormais claire : approvisionner prioritairement les unités de transformation installées au Bénin, avant de permettre l’exportation des éventuels surplus. Plus de 450 000 tonnes devraient ainsi être orientées vers les industries nationales.
Cette organisation vise également à mieux contrôler les flux et à lutter contre les sorties frauduleuses de soja vers les pays voisins, un phénomène qui a longtemps fragilisé la filière et privé l’économie nationale d’une partie de la valeur créée.
Plus de 4 milliards FCFA injectés dans la production
Le bond enregistré cette année ne relève pas du hasard. Il est d’abord porté par des investissements importants dans la production.
L’interprofession a ainsi mobilisé plus de 4 milliards de FCFA de crédits de production au profit des producteurs. À cela s’ajoutent plus de 2 milliards de FCFA consacrés à l’acquisition d’inoculum, un intrant destiné à améliorer durablement les rendements.
Autre levier, la modernisation des opérations de commercialisation. Près de 2 000 bascules modernes ont été acquises afin de renforcer la transparence et de garantir davantage d’équité dans la pesée et les transactions entre producteurs et acheteurs.
La filière a également renforcé l’accompagnement de proximité. Un dispositif de suivi et d’appui-conseil couvre désormais 61 coopératives communales de producteurs de soja à travers le pays.
Une filière qui pèse de plus en plus dans les exportations
Les effets de cette dynamique se mesurent également sur le commerce extérieur. En 2024, le soja représentait 15,8 % des exportations béninoises, contre 11,9 % en 2023. Au premier semestre 2026, les volumes de fèves de soja exportés ont, par ailleurs, été multipliés par près de 200 par rapport à la même période de 2025.
Derrière cette progression, les responsables de l’interprofession mettent en avant une stratégie fondée sur le financement de la production, l’amélioration des rendements, la transparence dans la commercialisation et l’organisation de l’approvisionnement.
Cap sur les 2 millions de tonnes
Cette montée en puissance est aussi portée par une ambition de long terme. Le Bénin veut désormais atteindre 2 millions de tonnes de soja au cours des cinq prochaines années, avec pour objectif d’alimenter davantage les unités industrielles de la GDIZ et de faire de la filière un véritable levier de transformation industrielle.
La dynamique actuelle constitue donc une étape importante. Mais le véritable enjeu se situe désormais en aval : transformer davantage localement, créer plus de valeur ajoutée et mieux rémunérer les producteurs.
La performance de la campagne 2026-2027 ne devra ainsi pas seulement se mesurer au volume produit. Elle devra surtout se traduire par une transformation accrue du soja au Bénin et par une meilleure redistribution des retombées économiques au profit de ceux qui le cultivent.
0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment.