Cotonou, 4 novembre 2026. Le Bénin tient désormais sa nouvelle feuille de route pour les sept prochaines années. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État, Romuald Wadagni, le gouvernement a approuvé le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2026-2033, baptisé « Le Bénin plus loin, ensemble ».
Adossé à la Vision Bénin 2060 ALAFIA et au Plan national de développement 2026-2035, ce nouveau programme entend franchir un nouveau palier dans la transformation économique et sociale du pays. L’ambition affichée est d’« intensifier le bien-être pour tous et partout au Bénin ». Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de rechercher la croissance, mais de faire en sorte que ses effets soient davantage perceptibles dans la vie quotidienne des populations, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi, du cadre de vie et de l’accès aux services essentiels.
Trois défis majeurs, six secteurs pour porter la transformation
Le PAG 2026-2033 s’articule autour de trois défis structurants. Le premier concerne l’éradication de l’extrême pauvreté. Le gouvernement entend améliorer durablement les conditions de vie des populations, quel que soit leur lieu de résidence, à travers le renforcement de la protection sociale, l’amélioration du cadre de vie et le rapprochement des services essentiels.
Le deuxième défi porte sur l’élargissement de la base productive et des opportunités économiques. C’est dans cette perspective que le gouvernement identifie les six secteurs locomotives appelés à jouer un rôle central dans la nouvelle dynamique économique : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la logistique, l’éducation et les savoirs liés aux industries de pointe, ainsi que l’énergie.
À travers ces secteurs, le PAG entend favoriser la création de valeur locale, accélérer la diversification de l’économie, renforcer la formalisation des activités et réduire les contraintes qui pèsent sur la production, notamment en matière de logistique, d’énergie et de numérique.
Le troisième défi est lié à la gouvernance, à la cohésion nationale et à la sécurité. L’objectif est de consolider un État plus proche des citoyens, plus performant et davantage capable d'assurer la protection des personnes et des biens.
Une croissance de 7,7 % et une forte mobilisation du privé
Sur le plan macroéconomique, le nouveau PAG affiche des objectifs particulièrement ambitieux. Le gouvernement table sur une croissance réelle moyenne de 7,7 % sur la période 2026-2033, tout en maintenant le déficit budgétaire global sous la barre des 3 % du PIB.
Le financement du portefeuille de projets repose, lui aussi, sur une forte implication du secteur privé. 45 % des financements devraient provenir du secteur public contre 55 % pour le secteur privé, confirmant la volonté de faire de l’investissement privé l’un des principaux moteurs de la transformation économique.
L’exécution du programme sera organisée en deux grandes phases. La première, consacrée à la mise en service, couvrira la période 2026-2029. Elle sera suivie d’une phase de consolidation, prévue de 2030 à 2033.
Deux leviers transversaux accompagneront cette mise en œuvre : la territorialisation et la technologie. La première doit permettre d’adapter les interventions aux potentialités et aux réalités des six pôles de développement territorial. La seconde devra contribuer à moderniser les services publics, améliorer la productivité et renforcer le pilotage de l’action gouvernementale.
Le véritable défi : transformer les ambitions en résultats
Au-delà des objectifs et des chiffres, le principal enjeu du PAG 2026-2033 restera celui de son exécution. Le programme prévoit à cet effet un portefeuille modulable de projets, des contrats annuels de performance entre les ministres et le président de la République, ainsi qu’une chaîne de résultats destinée à suivre les ressources mobilisées, les réalisations et leurs impacts.
Le nouveau PAG donne ainsi au gouvernement une feuille de route ambitieuse pour les sept prochaines années. Mais au-delà des annonces, des investissements et des indicateurs macroéconomiques, c’est surtout sur le terrain que cette ambition sera mesurée : emplois créés, pauvreté réduite, services publics améliorés, production locale renforcée et conditions de vie effectivement transformées. C’est à cette épreuve des résultats que le gouvernement Wadagni sera jugé.
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