Annoncée par la Conférence épiscopale du Bénin, une rencontre d’envergure se tiendra les 19 et 20 novembre à la salle Saint-Charbel d’Akpakpa à Cotonou. Thème central : la place de la religion traditionnelle africaine dans le dialogue interreligieux contemporain.
C’est à Akpakpa, dans la salle Saint-Charbel, que l’Église catholique du Bénin a choisi de poser ses valises pour deux jours de réflexion. Le choix n’est pas anodin. Dans un pays reconnu comme berceau du vodun et où la coexistence religieuse est une réalité quotidienne, parler de religion traditionnelle africaine n’est pas un sujet folklorique, c’est un enjeu de société.
Le colloque, qui réunira théologiens, anthropologues, dignitaires traditionnels, historiens et fidèles, ambitionne de dépasser les clichés pour interroger les fondements spirituels, philosophiques et sociaux des religions endogènes.
Dans les pas de Jean-Paul II
La dimension commémorative donne une profondeur particulière à l’événement. La rencontre entend commémorer deux rendez-vous historiques du dialogue interreligieux auxquels le pape Jean-Paul II avait participé. On se souvient de son discours historique à Ouidah en 1993 et de son appel à Assise pour la paix entre les religions.
Jean-Paul II fut l’un des premiers pontifes à reconnaître publiquement la valeur spirituelle des religions traditionnelles africaines, non pas comme de simples croyances, mais comme l’expression d’une quête de Dieu. En revenant sur ces deux rendez-vous, le colloque de Cotonou veut réinterroger cet héritage. Que reste-t-il de cet élan ? Comment ce dialogue a-t-il évolué en près de quarante ans au Bénin ?
Un dialogue nécessaire pour le Bénin d’aujourd’hui
Au-delà de l’histoire, les questions d’actualité s’imposent. Comment mieux articuler modernité, christianisme, islam et traditions dans l’éducation, dans la gestion des conflits communautaires, dans la préservation de la culture ? Comment les jeunes générations perçoivent-elles le vodun et les cultes traditionnels dans un monde globalisé ? La Conférence épiscopale veut faire de ce colloque un espace d’écoute sincère, où l’on ne parle pas de la religion traditionnelle mais avec ses dépositaires. Une démarche qui, si elle réussit, pourrait faire de Cotonou un laboratoire du dialogue interreligieux en Afrique de l’Ouest.
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