Enclavement, insécurité, manque d’infrastructures et absence d’électricité : depuis sa création en 2018, cet établissement public lutte pour offrir aux élèves des conditions d’apprentissage dignes. 

Au cœur de l’arrondissement de Yokpo, dans la commune de Zè, le Collège d’enseignement général (CEG) de Yokpo fait face à d’importantes difficultés qui fragilisent son fonctionnement. Situé à environ 3,5 kilomètres du carrefour de Zè-Plaque, cet établissement public, implanté sur un domaine de plus de deux hectares, peine à garantir aux apprenants un environnement propice à l’éducation. Entre l’insuffisance des infrastructures, l’insécurité et l’absence d’électricité, élèves et personnel éducatif tentent, malgré tout, de maintenir le cap.

Treize groupes pédagogiques dans des conditions précaires

Au CEG Yokpo, les défis sont nombreux. L’établissement accueille treize groupes pédagogiques, répartis entre deux classes de troisième, quatre classes de quatrième, trois classes de cinquième et quatre classes de sixième. Pourtant, les infrastructures disponibles sont loin de répondre convenablement aux besoins. Certaines salles de cours sont construites en claies, illustrant la précarité des conditions d’apprentissage.

À ces difficultés s’ajoute l’environnement immédiat du collège. Entouré de vastes plantations d’ananas, l’établissement est exposé à la présence de reptiles, une situation qui suscite des inquiétudes quant à la sécurité des élèves et du personnel. Loin de bénéficier d’un cadre scolaire suffisamment sécurisé, les apprenants doivent composer avec un environnement qui ne favorise pas pleinement leur épanouissement.

Dans ce contexte difficile, l’Association Quimperlé-GLO apporte un soutien déterminant à l’établissement. Les infrastructures visibles témoignent de son engagement en faveur de l’éducation dans cette localité. Son accompagnement contribue à maintenir en activité un collège dont les besoins restent pourtant considérables.

Un domaine sans titre de propriété et une sécurité préoccupante

Créé en 2018, le CEG Yokpo demeure confronté à une autre difficulté majeure : l’absence d’un acte de propriété sécurisant son domaine. Huit ans après sa création, cette situation entretient des incertitudes sur la pérennité de l’établissement et expose ses responsables à la crainte d’éventuelles contestations foncières.

Le directeur, M. Toffon Éric, et son équipe doivent ainsi assurer leurs missions dans un contexte marqué par des préoccupations liées à la sécurisation du site. À cela s’ajoutent des problèmes d’insécurité signalés dans l’enceinte du collège. Selon les informations rapportées, le personnel est parfois confronté à des individus présentant des troubles mentaux et munis de machettes, ainsi qu’à des personnes soupçonnées de consommation de stupéfiants qui tenteraient de dérober les vélos des apprenants.

Face à ces difficultés, le bureau de l’Association des parents d’élèves (APE), en collaboration avec les enseignants et les autorités administratives, s’emploie à apporter des réponses aux problèmes rencontrés. Leur mobilisation contribue à préserver le fonctionnement de l’établissement, malgré un contexte particulièrement éprouvant.

Sans électricité, l’école s’accroche à l’espoir

Comme si les difficultés foncières, sécuritaires et infrastructurelles ne suffisaient pas, le CEG Yokpo ne dispose pas d’électricité. À la tombée de la nuit, l’administration se retrouve privée d’un éclairage adapté. Pour accomplir certaines tâches, les responsables doivent se contenter de la faible lumière de leurs téléphones portables, dont les batteries ne permettent pas toujours de tenir longtemps.

Malgré ces conditions contraignantes, le personnel administratif et les enseignants poursuivent leurs activités avec détermination. Leur engagement traduit une volonté de préserver la continuité du service public de l’éducation et de donner aux élèves les moyens de poursuivre leur scolarité.

Cette persévérance ne saurait toutefois masquer l’urgence des besoins. La sécurisation du domaine, l’amélioration des infrastructures, l’électrification du collège et le renforcement de la sécurité apparaissent comme des enjeux essentiels pour offrir aux apprenants un cadre éducatif à la hauteur de leurs aspirations.

L’APFB/Atlantique-Nord apporte une lueur d’espoir par les livres

C’est dans ce contexte que l’Association des professeurs de français du Bénin (APFB), section Atlantique-Nord, en partenariat avec l’INF, a choisi le CEG Yokpo pour une initiative prévue ce mercredi 28 octobre 2026. À travers cette démarche, les organisateurs entendent promouvoir la lecture et contribuer à l’éveil intellectuel des adolescents.

Au-delà du geste symbolique, cette initiative porte une ambition éducative et citoyenne : encourager les jeunes à cultiver le savoir, à nourrir leurs ambitions et à se préparer à assumer, demain, des responsabilités au sein de leur communauté.

Pour le CEG Yokpo, cette action constitue une marque de solidarité dans un environnement où les difficultés matérielles pèsent lourdement sur le quotidien scolaire. Elle rappelle également que l’avenir d’une communauté se construit par l’éducation et l’investissement dans sa jeunesse.

Si les livres peuvent ouvrir les portes du savoir, ils ne sauraient, à eux seuls, résoudre les problèmes structurels auxquels l’établissement est confronté. Le CEG Yokpo a besoin d’un accompagnement durable pour sécuriser son domaine, renforcer ses infrastructures et améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Car derrière les difficultés de ce collège se joue une question fondamentale : celle du droit des enfants de Yokpo à une éducation dans des conditions dignes, sûres et équitables.