Selon l’édition 2026 du rapport Economic Freedom of the World de l’Institut Fraser, le pays occupe la 11e place en Afrique et le 99e rang mondial sur 165 pays et territoires évalués. Une progression d’une place sur le continent par rapport à l’édition précédente, qui met en lumière les avancées réalisées en matière de réformes économiques, mais aussi les défis qui restent à relever pour améliorer durablement l’environnement des affaires.
Un classement encourageant, mais des défis persistent pour consolider les acquis
Le Bénin gagne du terrain dans le classement africain de la liberté économique. Publié le 6 octobre 2026, le rapport de l’Institut Fraser, un organisme canadien de recherche économique, place le pays devant plusieurs économies du continent, notamment le Sénégal et la Namibie. À l’échelle mondiale, le Bénin se positionne toutefois au 99e rang, contre le 98e dans l’édition précédente. Cette évolution contrastée montre que les performances économiques doivent être appréciées à travers plusieurs indicateurs
L’indice de liberté économique mesure les conditions dans lesquelles les individus et les entreprises peuvent entreprendre, investir, échanger et gérer leurs activités. Son évaluation repose sur 46 indicateurs regroupés en cinq grands domaines : la taille de l’État, le système juridique et la protection des droits de propriété, la solidité de la monnaie, la liberté des échanges internationaux et la réglementation des activités économiques. Ces critères permettent d’apprécier le cadre institutionnel et réglementaire dans lequel évoluent les acteurs économiques
Des réformes économiques à l’épreuve des résultats
Cette performance intervient après plusieurs années de réformes engagées dans le cadre des Programmes d’action du gouvernement (PAG) 2016-2021 et 2021-2026. La modernisation de l’administration publique, la dématérialisation de certaines procédures, l’assainissement des finances publiques et les investissements dans les infrastructures figurent parmi les chantiers qui ont marqué cette période.
La modernisation du Port autonome de Cotonou, la simplification de certaines formalités administratives et les mesures visant à améliorer le climat des affaires participent également à la stratégie du pays pour renforcer son attractivité économique et consolider son rôle dans les échanges régionaux.
Toutefois, un bon classement en matière de liberté économique ne signifie pas automatiquement que les difficultés des entreprises et des ménages sont résolues. L'accès au financement, la sécurité juridique des investissements, le poids des contraintes administratives, la création d'emplois et la capacité des petites et moyennes entreprises à se développer restent des enjeux essentiels.
Maurice en tête, le Bénin dans le peloton de tête africain
Sur le continent, Maurice occupe la première place africaine et le 9e rang mondial. Les Seychelles et le Cap-Vert complètent le trio de tête. Le Bénin se positionne derrière le Maroc, 10e en Afrique, mais devant le Sénégal, classé 12e. Cette configuration situe le pays parmi les économies africaines relativement bien positionnées selon les critères retenus par l'Institut Fraser.
Pour Cotonou, ce résultat constitue un indicateur favorable dans la compétition régionale pour attirer les capitaux, développer les échanges commerciaux et encourager l'investissement privé. Il peut contribuer à renforcer la visibilité du pays auprès des investisseurs internationaux, même si leurs décisions dépendent également d'autres facteurs, notamment la rentabilité des projets, la disponibilité des infrastructures, l'accès à l'énergie et la stabilité du cadre réglementaire.
Transformer le classement en bénéfices concrets
L'enjeu pour le Bénin est désormais de consolider ses acquis et de transformer cette position en retombées tangibles pour l'économie nationale. L'amélioration de la liberté économique doit notamment se traduire par des conditions plus favorables à la création d'entreprises, au développement du secteur privé, à l'innovation et à la multiplication des opportunités d'emploi.
Alors que le pays ambitionne de renforcer son rôle de plateforme logistique et industrielle en Afrique de l'Ouest, la poursuite des réformes, la prévisibilité des règles économiques et la protection des investissements seront déterminantes.
La 11e place africaine représente ainsi un signal encourageant, mais pas une fin en soi. La véritable mesure de cette performance résidera dans la capacité du pays à consolider son attractivité, à stimuler l'initiative privée et à faire bénéficier les populations des progrès enregistrés.
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