Le Bénin s’apprête à tourner une page importante de sa réglementation routière. Près de 70 ans après l’adoption des premières règles générales de circulation, les autorités parlementaires veulent engager une réforme en profondeur pour adapter le Code de la route aux réalités actuelles du pays. Le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, appelle les députés à accélérer les travaux pour aboutir à un texte moderne, en phase avec les nouvelles exigences de mobilité et de sécurité routière.

Le chantier est désormais au cœur des réflexions parlementaires. Le mardi 20 octobre 2026, les députés se sont retrouvés à Agoué, dans le cadre d’une rencontre consacrée à l’examen du projet de loi portant nouveau Code de la route. Organisés par la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, ces travaux visent à examiner les grandes orientations d’une réforme devenue nécessaire au regard des mutations du secteur des transports.

À l’ouverture de cette rencontre, Joseph Fifamin Djogbénou a insisté sur l’importance de cette initiative législative. Pour le président de l’Assemblée nationale, il ne s’agit pas simplement de réviser quelques dispositions existantes, mais de repenser un cadre juridique appelé à mieux encadrer les déplacements des personnes et des marchandises sur l’ensemble du territoire national.

Un texte hérité de 1956 face aux réalités d’aujourd’hui

Le principal enjeu de cette réforme réside dans l’ancienneté des dispositions actuellement applicables. Les règles générales de circulation routière remontent à un arrêté datant de 1956. Depuis lors, le Bénin a connu de profondes transformations démographiques, économiques et urbaines, avec une augmentation des déplacements et une diversification des moyens de transport.

L’évolution du parc automobile, la place importante des engins à deux roues dans la mobilité quotidienne, la multiplication des déplacements en milieu urbain et les défis liés à la sécurité des usagers imposent une adaptation du dispositif réglementaire.

Dans ce contexte, l’élaboration d’un nouveau Code de la route apparaît comme une occasion de revoir les règles de circulation afin de les rendre plus cohérentes avec les réalités nationales. L’objectif est notamment de disposer d’un cadre juridique mieux adapté aux exigences contemporaines du transport et de la prévention des accidents.

Toutefois, les mesures précises que contiendra le futur texte restent à établir à travers les travaux parlementaires. Il faudra notamment attendre la présentation et l’examen des dispositions retenues pour apprécier concrètement la portée des changements envisagés.

La « décolonisation législative » au cœur du chantier

Au-delà des enjeux de circulation, Joseph Djogbénou inscrit cette réforme dans une démarche plus large de « décolonisation législative ». Cette approche consiste à revisiter les textes hérités du passé afin de construire un cadre juridique davantage en phase avec les besoins, les réalités et les ambitions du Bénin.

Pour le président de l’institution parlementaire, la modernisation du droit national suppose de ne pas maintenir indéfiniment des dispositions anciennes sans les confronter aux évolutions de la société. Le futur Code de la route s’inscrit ainsi dans cette volonté de faire évoluer la législation pour mieux répondre aux défis du présent.

Le message adressé aux députés est donc sans ambiguïté : les travaux doivent progresser pour permettre au pays de disposer d’un texte renouvelé. Joseph Djogbénou les a exhortés à poursuivre les réflexions et à éviter que cette réforme ne soit davantage retardée.

Un défi majeur pour la sécurité routière

Au Bénin, la sécurité routière demeure un enjeu essentiel de santé publique et de protection des usagers. La modernisation du Code de la route pourrait offrir un cadre renouvelé pour mieux organiser la circulation et renforcer les mécanismes de prévention, sous réserve des dispositions qui seront effectivement adoptées.

La réforme ne saurait se limiter à l’élaboration d’un nouveau texte. Son efficacité dépendra également de son application sur le terrain, de la sensibilisation des conducteurs, du respect des règles par les usagers et des moyens mobilisés pour assurer les contrôles.

L’étape d’Agoué marque ainsi une avancée dans le processus de réflexion parlementaire. Reste à transformer cette volonté politique en un texte législatif concret, capable de répondre aux exigences d’une mobilité en pleine évolution.

Près de sept décennies après les règles de 1956, le Bénin veut donc se donner un nouveau cadre de circulation. L’enjeu est désormais de faire aboutir la réforme pour que le futur Code de la route ne soit pas seulement moderne dans sa formulation, mais également efficace dans la protection des usagers.