Comment mobiliser davantage de ressources pour financer un budget de 4 757 milliards FCFA sans alourdir la pression fiscale sur les ménages et les entreprises ? Le gouvernement béninois entend relever ce défi en élargissant l’assiette fiscale, en accélérant la digitalisation des services fiscaux et en améliorant la rentabilité des entreprises publiques. Invité de la télévision nationale le dimanche 18 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a exposé les principaux axes de cette stratégie.
Mobiliser davantage de ressources sans instaurer de nouveaux impôts. C’est l’option défendue par le gouvernement béninois dans le cadre de la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027. Face à l’augmentation des besoins de financement et aux exigences de développement, l’Exécutif entend privilégier une meilleure mobilisation des recettes existantes plutôt que la création de nouvelles taxes.
À en croire Wilfried Léandre Houngbédji, cette orientation repose sur une conviction : l’État dispose encore de marges de progression importantes pour accroître ses recettes, notamment en améliorant le recouvrement des impôts, en réduisant les pertes liées à la fraude et en intégrant davantage d’acteurs économiques au système fiscal.
Le premier levier concerne ainsi l’élargissement de l’assiette fiscale. L’objectif est de faire contribuer tous les acteurs soumis à l’impôt, conformément à la réglementation en vigueur. Dans cette perspective, le secteur informel et les activités commerciales exercées en ligne constituent des domaines dans lesquels les autorités souhaitent renforcer le contrôle et le recouvrement. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’augmenter les taux d’imposition, mais de mieux identifier les contribuables et les activités qui échappent encore aux obligations fiscales.
Cette démarche vise également à corriger les déséquilibres entre les entreprises qui s’acquittent régulièrement de leurs obligations et celles qui échappent au dispositif. Pour les pouvoirs publics, une mobilisation plus équitable des recettes permettrait d’accroître les ressources disponibles sans imposer une charge supplémentaire aux contribuables déjà en règle.
Digitalisation fiscale : traquer les déperditions et sécuriser les recettes
Le deuxième axe de la stratégie gouvernementale repose sur la transformation numérique de l’administration fiscale. La généralisation de la facturation électronique, l’interconnexion des régies financières et le recours aux technologies d’analyse des données, notamment à l’intelligence artificielle, doivent permettre de renforcer la traçabilité des opérations économiques.
Grâce à ces outils, l’administration entend améliorer le suivi des transactions, repérer plus efficacement les incohérences dans les déclarations et détecter les pratiques frauduleuses. La digitalisation devrait également limiter certaines manipulations, faciliter les procédures et améliorer la transparence dans la collecte des recettes publiques.
Au-delà de la lutte contre la fraude, cette modernisation peut contribuer à rendre les démarches fiscales plus simples pour les entreprises et les particuliers. Elle doit surtout permettre à l’État de mieux connaître les activités économiques et de réduire les pertes de recettes liées aux insuffisances du système de contrôle.
Toutefois, l’efficacité de cette orientation dépendra de la mise en œuvre effective des dispositifs annoncés, de leur capacité à couvrir les activités concernées et de l’accompagnement des contribuables dans leur appropriation des outils numériques.
Le troisième levier concerne la performance des entreprises publiques et la valorisation du patrimoine de l’État. Le gouvernement entend améliorer la contribution de ces structures aux finances publiques grâce à une gestion plus rigoureuse et à un meilleur rendement de leurs activités. La valorisation des actifs publics constitue également une piste pour tirer davantage de ressources du patrimoine de l’État.
Cette approche vise à diversifier les sources de financement du budget et à réduire la dépendance aux recettes fiscales traditionnelles. Elle suppose néanmoins des entreprises publiques plus performantes, une gestion transparente et une meilleure maîtrise des dépenses.
45 % du budget annoncés pour les secteurs sociaux
Pour le gouvernement, l’amélioration des recettes ne constitue pas une fin en soi. Elle doit permettre de financer les politiques publiques et de répondre aux besoins des populations. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, 45 % du budget 2027 seront consacrés aux secteurs sociaux.
Les interventions annoncées concernent notamment les cantines scolaires, la gratuité de la scolarité pour les filles, l’assurance maladie obligatoire et le projet GBESSOKE, consacré à la protection sociale.
À travers ces priorités, l’Exécutif entend mettre en avant la dimension sociale de sa politique budgétaire. L’ambition affichée est de concilier discipline dans la gestion des finances publiques, mobilisation accrue des ressources et amélioration des conditions de vie des populations.
Reste que la réalisation de ces objectifs dépendra autant de la capacité de l’État à mobiliser les recettes attendues que de la qualité de leur utilisation. L’efficacité des dépenses, la transparence dans leur exécution et les résultats concrets des programmes sociaux seront déterminants pour apprécier la portée de cette orientation.
Avec un budget annoncé à 4 757 milliards FCFA, le défi pour 2027 sera donc double : accroître les ressources publiques sans créer de nouveaux impôts et traduire cet effort financier en améliorations tangibles pour les citoyens. La stratégie présentée par le porte-parole du gouvernement mise sur une administration fiscale plus performante et une meilleure gestion des ressources publiques. Sa crédibilité se mesurera aux résultats obtenus sur le terrain.
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