L’accès au logement décent ne doit pas être réservé aux seuls salariés disposant d’un bulletin de paie. Dans le cadre du programme des 20 000 logements, les artistes, artisans, conducteurs de zémidjan, tailleurs, coiffeuses et autres travailleurs indépendants peuvent également prétendre à un logement. Une ouverture qui vise à élargir l’accès à la propriété immobilière aux couches de la population dont les revenus proviennent essentiellement des activités du secteur informel.
Au Bénin, l’accès au logement social a longtemps été associé aux salariés du secteur public et du secteur privé formel. La régularité des revenus et la disponibilité de justificatifs de salaire ont souvent constitué des obstacles pour les personnes exerçant une activité indépendante. Pourtant, ces dernières participent activement à la vie économique nationale et disposent, pour beaucoup, de revenus susceptibles de leur permettre de financer l’acquisition d’un logement.
C’est précisément à cette catégorie de travailleurs que s’adresse la clarification apportée sur les conditions d’accès au programme des 20 000 logements. Contrairement à certaines idées reçues, les fonctionnaires et les salariés déclarés ne sont pas les seuls concernés. Les professionnels des métiers artistiques, les artisans, les commerçants, les coiffeuses, les tailleurs et les conducteurs de taxi-moto peuvent eux aussi se porter candidats, sous réserve de satisfaire aux critères d’éligibilité.
Des revenus irréguliers ne constituent pas nécessairement un obstacle
Pour de nombreux travailleurs indépendants, la principale difficulté réside dans la justification de leurs revenus. Contrairement aux salariés qui disposent généralement de bulletins de paie, les artistes et les artisans perçoivent souvent des rémunérations variables, en fonction des commandes, des prestations réalisées ou de la fréquentation de leur activité.
Afin de tenir compte de cette réalité, les mécanismes d’évaluation de la capacité financière des candidats peuvent s’appuyer sur différents justificatifs permettant d’apprécier leurs ressources. Parmi les éléments évoqués figurent notamment les relevés de transactions Mobile Money sur une période de douze mois, les attestations d’exercice d’activité délivrées par les autorités compétentes ou les organisations professionnelles, ainsi que les mouvements enregistrés sur les comptes bancaires.
Ces éléments peuvent contribuer à établir l’existence d’une activité économique et à apprécier la régularité des ressources du demandeur. Toutefois, les pièces effectivement acceptées et les modalités d’évaluation restent à confirmer auprès des structures chargées de recevoir les dossiers et des banques partenaires. La présentation de justificatifs ne vaut donc pas automatiquement acceptation du dossier.
En effet, l’objectif demeure de vérifier que chaque candidat dispose d’une capacité de remboursement compatible avec le financement sollicité. L’exercice d’une activité indépendante ne constitue pas, en soi, un motif d’exclusion, mais les conditions financières applicables doivent être respectées.
L'inclusion financière au service de l'accès au logement
L’ouverture du programme aux acteurs du secteur informel représente un enjeu important pour la politique de logement au Bénin. Elle pose la question de l’adaptation des mécanismes de financement aux réalités économiques d’une large partie de la population active.
Pour les artistes, les artisans et les petits entrepreneurs, l’acquisition d’un logement peut constituer une étape déterminante vers une plus grande stabilité familiale et professionnelle. Encore faut-il que les procédures soient suffisamment accessibles et que les intéressés disposent d’informations claires sur les démarches à effectuer.
Dans cette perspective, les campagnes de sensibilisation pourraient jouer un rôle essentiel. Les marchés, les ateliers de couture, les salons de coiffure, les associations d’artistes et les regroupements de conducteurs de taxi-moto constituent autant de relais susceptibles de diffuser les informations relatives aux conditions d’accès au programme.
Il importe également que les candidats soient informés des documents exigés, des modalités de constitution des dossiers, des conditions de financement et des échéances à respecter. Une communication de proximité permettrait ainsi de limiter les incompréhensions et d'éviter que des bénéficiaires potentiels renoncent à leur projet faute d'informations suffisantes.
Au-delà de la construction des logements, le défi est donc de garantir un accès aussi large que possible aux dispositifs proposés. Pour que le programme des 20 000 logements réponde à sa vocation sociale, les travailleurs du secteur informel doivent pouvoir connaître leurs droits, comprendre les critères d'éligibilité et présenter des dossiers conformes aux exigences des organismes concernés.
L'ambition du logement pour tous ne pourra véritablement se concrétiser que si les possibilités offertes sont connues et accessibles aux différentes catégories socioprofessionnelles, y compris celles dont les revenus ne prennent pas la forme d'un salaire mensuel fixe.
Il est à noter que les modalités précises d'acceptation des relevés Mobile Money sur douze mois et des attestations d'activité sont à vérifier auprès des promoteurs du programme et des banques partenaires avant publication, afin de distinguer les critères officiellement confirmés des modalités annoncées.
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Moi je suis intéressé je suis conducteur de taxi moto